الاثنين، 14 يوليو، 2008

ASDHOM

Sidi Ifni, Marrakech….
C’est inacceptable




Inacceptable

Tous les indicateurs en matière des droits de l’Homme au Maroc sont au rouge. La liberté de la presse, la liberté d’expression, le droit de manifester, le droit de se réunir, le droit au travail, le droit des migrants...etc. font l’objet d’atteintes répétitives. Et les exemples ne manquent pas. Le dernier en date est la condamnation par le tribunal de première instance de Rabat du président de la section d’Ifni du Centre Marocain des Droits de l’Homme (CMDH), Brahim Sabâlil. Ce défenseur des droits de l’Homme a écopé de 6 mois de prison ferme et une amende de 1000 DH pour avoir « divulgué de fausses nouvelles » concernant les évènements dramatiques de Sidi Ifni du 7 juin 2008. Dans le même procès où les droits élémentaires de la défense ont été bafoués, le directeur du bureau de la chaîne Al Jazeera à Rabat, Hassan Rachidi, a été condamné à une amende de 50 000 DH. Les avocats de la défense ont dénoncé le caractère politique et partial du procès qui vise la liberté d’expression et la liberté de la presse en premier chef. Ils soutiennent que le jugement a été prononcé sans aucune preuve et surtout sans attendre la publication des rapports des différentes commissions d’enquête qui se sont rendues à Sidi Ifni.
Brahim Sabâlil et Hassan Rachidi n’ont fait que relater la gravité de l’intervention des forces de l’ordre pour mater la population de sidi Ifni qui s’était solidarisée avec ses jeunes diplômés chômeurs. Ces derniers avaient organisé un sit-in au port de la ville pour attirer l’attention sur leur situation de vie difficile, dénoncer le non respect des promesses faites par les autorités en 2005 en matière d’emploi et réclamer le droit au développement de la région, longtemps marginalisée par les pouvoirs publics. Le samedi 7 juin, les hommes du général Laânigri ont reçu l’ordre d’assiéger la ville pour évacuer le port. Ce fut un samedi noir pour la population. Saccage, tabassage, arrestations, exactions, poursuites, intimidations, insultes haineuses, mise à sac des maisons, harcèlements, violences envers les familles, tortures… tout y passe.
Les nombreux témoignages recueillis, photos à l’appui, par les associations présentes à Sidi Ifni (ATTAC, CMDH, AMDH) montrent la sauvagerie de l’intervention des forces de l’ordre. Ils témoignent tous des atteintes graves aux droits de l’Homme, de tortures et des traitements dégradants et inhumains, ce qui met le Maroc en marge des conventions internationales relatives au respect des droits de l’Homme qu’il a lui-même ratifiées et signées. Des arrestations arbitraires et des poursuites se sont poursuivies après le 7 juin. Plusieurs manifestants ont été pourchassés jusque dans les montagnes avoisinantes. Certains d’entre eux sont portés disparus ce qui laisse à craindre le pire puisqu’au même moment que ces évènements, deux corps dont les identités n’ont pas été révélées ont été rejetés par la mer non loin du port d’Ifni.
Le traitement fait aux diplômés chômeurs et leurs familles n’est pas propre à Sidi Ifni. D’autres subissent le même sort un peu partout au Maroc. Les membres de l’association nationale des diplômés chômeurs (ANDCM) sont en première ligne et font les frais d’une politique de privation des droits. Trois responsables de ladite association de Jerada et Aïn Beni Mathar à l’Est du Maroc ont été jugés à cinq et sept mois de prison ferme par le tribunal de première instance d’Oujda. A cela s’ajoutent toutes les poursuites et la répression qui s’abat sur les membres de cette association à chaque fois qu’elle appelle à des rassemblements pacifiques devant les provinces ou devant le parlement à Rabat. Les diplômés handicapés n’échappent pas à cette règle. Les défenseurs des droits de l’Homme qui se solidarisent avec ce mouvement revendicatif, non plus.
D’autres victimes, des lauréats d’un centre de formation professionnelle, ont même menacé de procéder à un suicide collectif devant le parlement après avoir attendu une dizaine d’années des promesses d’embauche qui ne sont toujours pas honorées.

Non loin de Sidi Ifni, un autre combat pour la dignité est engagé dans la prison civile Boulmehraz de Marrakech. Dix huit étudiants dont une femme, appartenant tous au syndicat estudiantin l’Union Nationale des Etudiants du Maroc (UNEM), mènent depuis le 11 juin 2008 une grève de la faim pour exiger l’amélioration de leurs conditions de détention, les visites directes ce leurs familles et refuser leur éparpillement. Leur état de santé est alarmant. Les témoignages qu’ils ont pu sortir de la prison attestent de la gravité de la situation. Ils dénoncent leur procès et les conditions dans lesquelles s’est faite leur arrestation. Leur manifestation organisée à la cité universitaire de Marrakech pour protester contre la politique du Maroc en matière d’enseignement et pour des revendications légitimes a tourné au cauchemar quand les forces de l’ordre les ont chargés et ont procédé aux arrestations brutales. Les associations locales de défense des droits de l’Homme se sont vues refuser le droit de leur rendre visite. L’administration pénitentiaire porte là une grave responsabilité en privant les défenseurs des droits de l’Homme de porter secours à des personnes en danger de mort. Le directeur de la prison civile de Marrakech ne fait qu’appliquer la règle de sa hiérarchie puisque le délégué général des prisons, nouvellement nommé à la tête de la Direction des prisons, a refusé d’accueillir et de discuter avec les dix organisations des droits de l’Homme qui l’ont sollicité le 11 juin 2008. Ce droit de visite est pourtant garanti par le code des prisons 98/23.

L’Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM) est très préoccupée de la situation des droits de l’Homme qui prévaut au Maroc. Elle s’est associée à d’autres associations (ATMF et Association Aït Baâmrane) pour aller dire à l’ambassade du Maroc en France son indignation, sa solidarité avec la population de Sidi Ifni et rappeler aux responsables marocains leurs engagements pris devant la communauté internationale en matière de respect des droits de l’Homme.
L’ASDHOM considère que l’approche sécuritaire mise en avant par les autorités marocaines dans le traitement des faits relevant des droits de l’Homme est contraire aux valeurs universelles.
Elle dénonce avec force le refus opposé au Forum Marocain Vérité et Justice quant à sa demande d’organiser une conférence de presse relativement aux évènements de Sidi Ifni.
L’ASDHOM soutient et appuie l’initiative des treize organisations des droits de l’Homme au Maroc qui organisent une commission d’enquête sur ce qui s’est réellement passé à Sidi Ifni.
Elle interpelle les autorités marocaines pour faire toute la lumière sur les évènements de Sidi Ifni, demander pardon à la population, répondre positivement à ses revendications légitimes et faire en sorte que les responsables des exactions commises à Sidi Ifni répondent de leurs actes.
L’ASDHOM exige la libération de tous les détenus politiques y compris ceux de Marrakech et l’arrêt de toutes les poursuites.

ASDHOM
Paris, le 13 juillet 2008.

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